Elfe des bois
Chère elfe des bois
Il est rare que l'on s'occupe de moi de cette façon là. Alors en guise d'introduction, seul un seul mot lui donne (à l'introduction) toute sa teneur et son intensité : merci.
Je crois que dans toute la langue française, ce mot est de loin mon préféré. Il dit tout à la fois. Il reprsente à mes yeux un petit bout de notre intériorité qui s'éloigne de nous et va à la rencontre de l'autre. Et de cette médiation nait un soulagement, une joie, un sourire.
Mon cas n'est pas désepèré et ma tristesse non plus, celle-ci, quoique l'on en dise, fait partie de la vie. Il ne sert à rien de la chasser, car elle revient en courant, redoublant d'intensité. Il ne sert à rien de l'ignorer, car sa présence est une partie de nous. La solution réside en notre regard : il faut apprendre à regarder de loin, à se regarder de loin, à avoir une pensée qui revient sur nous même et qui arrête de se disperser au loin. Et là tout s'éclaire, le monde, la valeur du monde, l'autre.
Le sourire autrefois faible et pâle, se fait autre. Il devient, ou plutôt redevient multicolore. Cette ride que nous avions autrefois sur le coeur n'est que sourire. Et nos pâles soucis demeurent, mais sont toutefois contrôlés et atténués.
Alors que reste-t-il de la prépa? Celle-ci représente un ensemble de sensations pas toujours agréables et fait souvent office de mur. Non pas le petit mur de l'école où dans ce bon vieux temps, nous l'escaladions facilement et partant à grandes enjambées nous allions visiter ces nuages au loin, au très loin.
Non, ce mur est différent. Il est grand, très grand, et puis il n'est pas coloré comme avant. Il est tout blanc et neutre. Les prises sur celui-ci se font rares, et clairsemées. Mais cependant lorsque nous regardons plus attentivement la base du mur, nous remarquons un petit trou. Tout petit, mais assez visible. Et là que voit-on?? Un elfe des bois!
Celui-ci nous fait de grands signes avec ses doigts longs et fins; nous nous abaissons pour être à sa hauter et inclinons doucement notre tête de manière à pouvoir celler notre oreille sur le trou. De ses petites mains il agrippe doucement notre oreille; il y penche sa petite tête et nous "sussure" : couraaageee...
Nous nous relevons étonnés, voir perplexe; et regardons cet étrange petit être, qui nous est si étrangement familier, partir d'un pas joyeux et enfantin. Et là, ce mur si blanc, se colore petit à petit, il se fait familier.
De cette petite histoire, tout à fait enfantine, je ne tirerais aucune conclusion, elle gacherait le reste je pense. Je ne pense pas qu'il faut expliquer quoique ce soit.
Je m'arrête là. Et espère te revoir très bientôt.
Je te souhaite beaucoup de courage.
Je crois que dans toute la langue française, ce mot est de loin mon préféré. Il dit tout à la fois. Il reprsente à mes yeux un petit bout de notre intériorité qui s'éloigne de nous et va à la rencontre de l'autre. Et de cette médiation nait un soulagement, une joie, un sourire.
Mon cas n'est pas désepèré et ma tristesse non plus, celle-ci, quoique l'on en dise, fait partie de la vie. Il ne sert à rien de la chasser, car elle revient en courant, redoublant d'intensité. Il ne sert à rien de l'ignorer, car sa présence est une partie de nous. La solution réside en notre regard : il faut apprendre à regarder de loin, à se regarder de loin, à avoir une pensée qui revient sur nous même et qui arrête de se disperser au loin. Et là tout s'éclaire, le monde, la valeur du monde, l'autre.
Le sourire autrefois faible et pâle, se fait autre. Il devient, ou plutôt redevient multicolore. Cette ride que nous avions autrefois sur le coeur n'est que sourire. Et nos pâles soucis demeurent, mais sont toutefois contrôlés et atténués.
Alors que reste-t-il de la prépa? Celle-ci représente un ensemble de sensations pas toujours agréables et fait souvent office de mur. Non pas le petit mur de l'école où dans ce bon vieux temps, nous l'escaladions facilement et partant à grandes enjambées nous allions visiter ces nuages au loin, au très loin.
Non, ce mur est différent. Il est grand, très grand, et puis il n'est pas coloré comme avant. Il est tout blanc et neutre. Les prises sur celui-ci se font rares, et clairsemées. Mais cependant lorsque nous regardons plus attentivement la base du mur, nous remarquons un petit trou. Tout petit, mais assez visible. Et là que voit-on?? Un elfe des bois!
Celui-ci nous fait de grands signes avec ses doigts longs et fins; nous nous abaissons pour être à sa hauter et inclinons doucement notre tête de manière à pouvoir celler notre oreille sur le trou. De ses petites mains il agrippe doucement notre oreille; il y penche sa petite tête et nous "sussure" : couraaageee...
Nous nous relevons étonnés, voir perplexe; et regardons cet étrange petit être, qui nous est si étrangement familier, partir d'un pas joyeux et enfantin. Et là, ce mur si blanc, se colore petit à petit, il se fait familier.
De cette petite histoire, tout à fait enfantine, je ne tirerais aucune conclusion, elle gacherait le reste je pense. Je ne pense pas qu'il faut expliquer quoique ce soit.
Je m'arrête là. Et espère te revoir très bientôt.
Je te souhaite beaucoup de courage.
F.
F. était un ami, dont je n'ai plus de nouvelles. Et moi j'étais l'elfe des bois...
Merci pour cette lettre retrouvée et qui m'a beaucoup émue
Merci pour cette lettre retrouvée et qui m'a beaucoup émue
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